Mettre en pause un projet de 7 ans, c'est dur ! Depuis 2018, je vous partage mes coups de coeur théâtraux avec une régularité irréprochable. Tous les mois : des recos, un édito, quelques surprises, une mise en page. Je crois ne pas avoir loupé 1 seule échéance depuis 7 ans ! J'ai adoré ce rendez-vous. Mais je dois vous avouer quelque chose...
Ce n’est pas aussi facile d’aller au théâtre quand on a des enfants, qu’on a envie de passer du temps avec eux, et qu’on joue au théâtre le soir une partie de l’année…
Avant d’avoir mon premier enfant, j’allais au théâtre entre 3 et 4 fois par semaine.
Depuis la naissance de mon fils, j’y vais entre 4 et 6 fois par mois.
(et certes de façon un peu plus gloutonne pendant le festival d’Avignon où je passe entre 1 et 3 semaines.)
Ce mois-ci, mai 2025, je vais avoir un deuxième enfant, et si mes calculs sont bons, mon nombre de sorties au théâtre pourra se compter sur les doigts de deux mains. Peut-être 4 mains.
Mais même avec 4 ou 6 mains, ce ne sera pas assez pour être suffisamment “dans la place” pour vous guider vers les plus belles pièces à voir.
Alors, avec une grande lucidité et un fort pincement au coeur, je range mes crayons Ce soir sur seine.
Au moins pour quelques temps.
Peut-être que ce ne sera finalement qu’une pause, peut-être que ce sera l’occasion de revenir avec un autre format, une nouvelle idée de média… mais je préfère ne pas me donner de faux espoirs, et embrasser ce nouveau tourbillon de la vie, sans nourrir la frustration de ne pas être assez présente comme spectatrice, et comme rédactrice...
Du fond fond fond de mon coeur, je vous dis merci à chacun pour la confiance et la fidélité. C’est parce que vous étiez au bout du fil que j’ai pu tenir la distance et renouveler l’exercice chaque mois. Car il faut bien se raccrocher à quelque chose ou à quelqu’un pour se mettre à la tâche. Même si ce n’était que pour le plaisir, j’avoue que certains mois, il fallait bien se donner un petit coup de pied au c**. Et d’ailleurs, je vous recommande cette assiduité ! C’est évidemment formateur de se mettre des échéances dans la création. (Car oui je voyais cela vraiment comme de la création.) Ecrire, tourner des phrases, résumer, rédiger, trouver l’adjectif juste, le superlatif, formaliser une idée, livrer un peu d’intimité, chercher un concept, s’étonner, créer un cadre, s’y tenir, et savoir en sortir parfois.
Je remercie aussi tous les attachés de presse, les responsables de communication, et les théâtres qui m’ont fait confiance et m’ont ouvert leurs portes depuis le début. Ma condition a toujours été de ne parler que des spectacles que j’aime. Laissant donc tous les autres en coulisse. Mais chacun peut comprendre que je n’ai aucun intérêt à discréditer un spectacle auquel je n’ai pas adhéré, mais qui, sûrement, en a réjouit tant d’autres, puisque les goûts et les couleurs…
Allez, c’est l’heure.
Je vous laisse avec quelques formidables spectacles vus et adorés à l’affiche en mai.
Si je n’avais pas le ventre aussi rond et la concentration d’une mouche, je serais aussi allé voir : Journée de noces chez les Cromagnons au théâtre de la Colline, Orgueil et préjugés… ou presque au théâtre Saint Georges, et le cabaret théâtral Que d’espoir ! au théâtre de l’Atelier.
Je vous embrasse fort,
partagez-moi vos coups de coeur, j’aurais un peu l’impression de les voir à travers vous !
Très bons spectacles, très jolis ponts de mai,
et à la prochaine
❣️
Lou
DEUX LEÇONS D’HISTOIRE DE FRANCE |
“QU’IL FAIT BEAU CELA VOUS SUFFIT” |
TCHEKHOV À LA FOLIE
> du mardi au sam à 21h, dim à 17h |
Au théâtre des Gémeaux (XXe), ils inaugurent un nouveau festival dédié au seul.e en scène. Ça s’appelle SENS et c’est pendant tout le mois de mai. Chaque spectacle est programmé 3 ou 4 fois.
A l’affiche : des reprises merveilleuses comme Un coeur simple (Isabelle Andreani) et des créations.
A suivre !
NATALIA STEPANOVNA. – Pardon, si je vous interromps ; vous dites « mes Petits-Prés-aux-Bœufs »... Est-ce qu’ils sont à vous ?LOMOV. – À moi, mademoiselle...
NATALIA STEPANOVNA. – Ah ! en voilà une bonne ! Les Petits-Prés-aux-Bœufs sont à nous, et
pas à vous !
LOMOV. – Non, ils sont à moi, estimée Natalia Stepanovna.
NATALIA STEPANOVNA. – Voilà pour moi une nouveauté ! Comment sont-ils donc à vous ?LOMOV. – Comment ?... Je parle des Petits Prés-aux-Bœufs qui s’enfoncent en coin entre votre bois de bouleaux et le Marais brûlé.
NATALIA STEPANOVNA. – Mais oui, oui... Ils sont à nous.
LOMOV. – Non, vous faites erreur, estimée Natalia Stepanovna, ils sont à moi.
(et ça dure comme ça encore longtemps 😅… souvenir de la première pièce que j’ai jouée avec mon ami Manu 🌟)
La demande en mariage, de Anton TCHEKHOV
à la prochaine !
vous pouvez m’écrire sur cesoirsurseine@gmail.com
❣️
Lou